Mes débuts dans l'écriture

Ma passion pour la lecture a débuté très jeune. Je me revois lire des « Oui-Oui » en cachette sous mon lit, une lampe de poche à la main, avec la terrible angoisse de me faire prendre en flagrant délit par mes parents.

 

Ensuite, j’ai accès à de nombreux livres, tant par la bibliothèque de ma mère, que le grenier de la maison de famille à Cerny… Je dévore. Je lis tout ce qui me tombe sous la main dans tous les genres littéraires. Cela devient une passion et j’ai bientôt envie de raconter à mon tour des histoires.

 

Je commence par de petits essais un peu critiques et virulents, un journal intime et pas mal de poèmes. Ensuite je me mets à faire des nouvelles que je ne garde que pour moi et que je détruis ensuite (tout comme j’ai détruit tout ce que j’ai écrit avant de faire mes romans).

 

Puis, en 1992, je profite d’une période où j’ai du temps de libre pour tenter de faire mieux, plus fort : raconter une longue histoire structurée. Je veux voir si je suis capable de tenir le lecteur en haleine des pages et des pages.

Je commence à écrire avec un stylo et du papier, puis voyant que la « sauce » prend, je passe à l’ordinateur.

 

Je me lance dans une histoire policière dont le plan est simple (meurtre – enquête – découverte du ou des coupables) et je ressens quelque chose de fou. C’est génial, exaltant ! Mes personnages changent et vivent sous ma plume, j’ai un droit quasi-divin de vie ou de mort sur eux. J’adore écrire, jouer avec eux. Je leur invente des aventures, des joies et des drames. J’en rêve, j’ai des idées tout le temps, c’est très exaltant. Des fois, je les aime bien au début, puis ils m’agacent et je décide qu’il va leur arriver des catastrophes ou qu’ils vont mourir. D’autres fois, c’est l’inverse… Je les manipule, je change mon intrigue, crée des rebondissements, même si le début et la fin restent inchangés.

 

Je me complais dans mon univers. Je peux écrire dans toutes les situations, qu’il y ait du bruit ou pas, des gens autour ou pas, que je sois assise sur une chaise ou en tailleur sur un lit. Je ne suis pas du tout écrivain maudit qui a besoin de l’écriture pour se libérer de quelque chose. C’est, à chaque fois, un bonheur. Cela me change des contingences matérielles de la vraie vie… En même temps, je me rends compte qu’écrire un roman est une course de fond, il faut tenir la distance, ne pas se décourager, arriver à s’organiser.

 

C’est en faisant ce premier roman Apparences trompeuses, que je n’ai jamais publié, mais que j’ai gardé, que je sais alors avec certitude que l’écriture fera partie intégrante de ma vie. Je n’ai plus de doutes. Convaincue par l’expérience, je sais que j’ai trouvé ma voie, ma passion et que je ne m’arrêterai pas. En revanche, je choisis de faire mes romans suivants dans le suspense plutôt que dans le policier. Le suspense laisse plus de liberté pour construire l’intrigue et je me sens alors prête à prendre plus d’initiatives…

 

Vingt ans plus tard, j’ai toujours avec la même joie d’écrire...